

Shadow IA et formation corporate : Pourquoi votre plan de formation 2026 est déjà obsolète
7
min
Vos équipes n'ont pas attendu le Comex pour adopter l'IA. Selon le baromètre Ifop pour Talan 2025, 45 % des Français utilisent déjà l'IA générative, mais seuls 15 % ont été formés et 9 % disposent d'un outil fourni par leur employeur. Le baromètre du numérique CRÉDOC 2026, lui, confirme l'ampleur du phénomène : près d'une personne sur deux (48 %) déclare aujourd'hui avoir recours à l'IA générative. En 25 ans d'existence de ce baromètre, aucune technologie n'avait été adoptée aussi vite.Traduction : la plupart se débrouillent seuls, avec leurs propres comptes, dans leur coin. Et beaucoup ne s'en servent pas seulement pour produire, ils s'en servent pour apprendre. Pendant ce temps, les plans de formation 2026 continuent de reposer sur le même trio qu'il y a 15 ans : Elearning, présentiel, classe virtuelle. Pourquoi alors, puisque vos collaborateurs ont déjà changé de méthode, maintenez-vous votre regard ailleurs ?

@Blify
Le shadow IA, mal nommé
On appelle « shadow IA » l'usage d'outils d'IA non fournis ni validés par l'entreprise. Le phénomène est massif. Selon le 3e baromètre GenAI de Deloitte, 65 % des salariés utilisent une IA générative gratuite ou qu'ils paient eux-mêmes, et seulement 35 % travaillent pour un employeur qui finance l'outil. Côté américain, Deloitte chiffre à près de 7 sur 10 la part des salariés utilisateurs qui passent par leurs propres outils au travail. Autrement dit, le shadow IA n'est pas une tendance niche, c'est devenu le mode d'usage par défaut.

Face à cela, le réflexe est connu : la surveillance de ce qui sort. La fuite de données, le risque de conformité, le prompt qui part chez un éditeur tiers avec un bout de contrat dedans sont autant d'inquiétudes légitimes. Mais elles braquent pour autant le projecteur sur une seule moitié du problème. Pendant que tout le monde regarde la donnée qui s'échappe, personne ne regarde la valeur qui n'entre jamais : ce que ces milliers d'usages quotidiens révèlent sur les besoins réels de vos équipes en termes de compétence, et qui se volatilise faute d'être capté.
« Le Shadow IA, c'est l'utilisation d'outils et de solutions IA en entreprise, par les employés, sans validation préalable de l'organisation.”
Paul-Augustin Dennery, Directeur conseil chez Learn Assembly ( Webinaire, "Vos collaborateurs se forment déjà avec l’IA : comment reprendre la main ?")
Vos collaborateurs ne trichent pas, ils se forment
Voici ce que les chiffres d'usage racontent. Dans l'étude de référence d'OpenAI sur l'utilisation de ChatGPT (NBER, 2025), la catégorie « guidance pratique », qui regroupe le tutorat, l'enseignement et les conseils pas à pas, est l'usage le plus fréquent, à 28 % des messages. On pourrait objecter que ChatGPT touche un public très large, étudiants compris, et que les usages scolaires tirent peut-être la statistique vers le haut. Une étude Microsoft Copilot lève le doute : sur 200 000 conversations analysées dans des environnements quasi exclusivement professionnels, le constat est identique. Apprendre figure parmi les objectifs les plus fréquents des utilisateurs, et enseigner ou conseiller parmi les actions les plus fréquentes de l'IA, qui agit en coach, tuteur ou formateur.

Quand un commercial demande à une IA de lui expliquer une clause, quand une manager répète une conversation difficile avant de la mener, ils ne contournent pas la règle. Ils se forment. Chaque prompt est un écart de compétence réel, exprimé au moment exact du besoin, dans le langage du collaborateur. C'est la lecture que défend Blify, et c'est ce qui rend la situation absurde : dans l'ombre, c'est la donnée la plus précieuse du L&D qui part à la poubelle. Pas un indicateur déclaratif récolté 6 mois trop tard dans une enquête, mais la carte vivante de ce que vos équipes ne savent pas encore faire.
Webinaire
Avec 2 milliards d'échanges hebdomadaires sur ChatGPT, le "Shadow IA" formation est une réalité massive. Vos collaborateurs n'attendent plus le LMS. Découvrez comment transformer ces usages informels en stratégie L&D pilotée et performante.

Ce que le L&D à l'aveugle coûte aux RH
Le résultat, c'est un écart béant entre ce que la formation programme et ce que les gens cherchent vraiment. Josh Bersin le mesure : 74 % des entreprises déclarent ne pas suivre le rythme de la demande de compétences, sur un marché mondial de la formation qui pèse plus de 400 milliards de dollars. On dépense des fortunes pour alimenter un catalogue pendant que le vrai besoin s'exprime ailleurs, en silence, dans une fenêtre de chat. Le problème n'est pas le budget, mais bien plutôt le modèle, et c'est tout l'enjeu du passage de notre webinaire de gestionnaire de plans à architecte d'écosystèmes apprenants.
Pourquoi ce signal part-il dans l'ombre plutôt que de remonter ? Les raisons sont rationnelles, pas malveillantes. La peur d'avouer qu'on ne sait pas faire, donc qu'on est remplaçable. La gêne de poser une question jugée trop basique à un collègue ou à son manager. La charge mentale d'un outil interne lourd, là où une IA externe répond en 3 secondes. Et le simple fait que 9 % seulement des salariés disposent d'un outil maison. Quand l'entreprise ne tend pas la main, le besoin ne disparaît pas, il se déplace hors champ.
A propos de la peur d’assumer avoir recours à l’IA : « Plus je l'utilise, plus j'encourage l'organisation à aller vers l'IA, donc plus je prends le risque de me faire remplacer. Je ne connais personne qui scie la branche sur laquelle il est assis. Si je reste caché, je booste ma productivité, mais je ne donne pas ces stats à l'entreprise. »
( Webinaire, "Vos collaborateurs se forment déjà avec l’IA : comment reprendre la main ?")
Récupérer le signal sans surveiller personne
Il est cependant une ligne de crête où une solution peut être déployée. Capter ce signal ne veut pas dire surveiller chaque requête. Cela veut dire travailler sur des données anonymisées et agrégées, et viser l'intention collective, pas la personne derrière la question. Ce qui compte n'est pas « qui a demandé quoi », mais « quel besoin de compétence revient assez souvent pour mériter une réponse d'équipe ». Le shadow IA devient alors une boucle vertueuse : la découverte individuelle d'un collaborateur se transforme en micro formation utile à toute l'équipe.
« On peut aller plus loin : capter les intentions, sur des plateformes anonymisées, c'est un point important, pour détecter les questions que les salariés se posent au quotidien, analyser leurs besoins par équipe. Ces données sont récupérables, intégrables au plan de formation et au reporting, mobilisables avec vos instances représentatives du personnel. »
Clément Lhommeau, Cofondateur de Blify, ("Webinar Vos collaborateurs se forment déjà avec l’IA : comment reprendre la main ?")
Pour que ce signal reste à la maison, au sein de l’entreprise, il faut surtout cesser d'envoyer les gens apprendre ailleurs. C'est tout l'enjeu de ramener la formation dans le flux de travail, là où la question se pose, dans Slack, Teams ou les outils-métier, plutôt que dans un catalogue où il faut se connecter. On passe alors d'une logique de stock à une logique de flux, du déclaratif au réel. C'est exactement le déplacement que décrit le passage du LMS au Learning Operating System. Une plateforme comme Blify déploie précisément des agents IA de formation à l'intérieur des outils du quotidien : le besoin est servi sur place, et le signal qu'il génère reste dans l'entreprise au lieu de s'évaporer chez les grands fournisseurs d’IA génératives.
Conclusion
Le shadow IA n'est pas une fuite à colmater. C'est une boussole que la plupart des organisations choisissent d'ignorer, par réflexe de contrôle, au moment précis où elle indique le mieux la direction à prendre. Chaque question posée à une IA externe est un besoin de compétence qui s'exprime : daté, contextualisé, formulé dans les mots du collaborateur, et gratuit. Capté et agrégé, ce flux dit en temps réel ce qu'aucune enquête annuelle ne saura jamais formuler, où vos équipes butent, sur quoi, et à quel moment. Ignoré, il continue d'alimenter un savoir qui se construit hors de l'entreprise au lieu d'y circuler, et de creuser l'écart entre ce que la formation programme et ce que le travail exige vraiment. Le clivage qui se dessine pour 2026 n'oppose pas les entreprises qui autorisent l'IA à celles qui l'interdisent. Il oppose celles qui se contentent de deviner les besoins de leurs équipes à celles qui ont enfin décidé de les écouter.
Auteur(s)

Equipe de rédaction
Blify
Partager cet article





